Journal d’un peintre en terre d’Ombre Brûlée 1974

 30,00

deuxième volume de mon journal de l’atelier

Extrait du journal du dimanche 12 mai 1974 :

Belle après-midi de printemps, je dessine à l’ombre de la véranda les papillons de mai sur les fleurs de la terrasse, les insectes verts qui s’enculent sur les feuilles rouges, les moineaux de Kashiwagi dans le bassin d’eau sous la fenêtre

Chasseur nu et affamé à l’affût derrière une roche, ne sachant en aucune façon quelle est la proie qui va surgir, me voilà tout à coup rêvant de tout mon corps à la belle animale qui passe devant moi sur la pointe des pieds, une grande fille luisante qui descend vers les bas quartiers craquant de cris d’enfants

Aurais voulu lui parler de bonheur, aurais aimé qu’elle sache que les images que j’ai eues d’elle ont claqué dans mes yeux comme des coups de feu

UGS : 001B Catégorie :

Description

Avançant seul à l’aventure dans un paysage totalement étranger depuis son arrivée au Japon en 1973, Daniel de Saint-Yon a commencé ce journal de l’atelier le 31 août au soir et il l’a tenu au jour le jour pendant 10 ans. Véritable plongée de son écriture dans la “servitude humaine” des passions, qui fut pour lui une manière de scruter ses émotions, d’éclairer la nuit de sa vie intime et d’en explorer toutes les ombres et les lumières en suivant le fil brûlant d’une histoire singulière, totalement atypique, de coeurs en déroute et de corps en débandade. Ce fut aussi sa façon de laisser quelques traces d’un long passage vers l’inconnu qui pourraient le guider au retour s’il était besoin.

Impressions singulières, deuils. Colères aussi. Instants de surprise, ou d’admiration, ou de désir, ou de volupté, ou d’inquiétude, ou de rire. Réflexions esquissées d’une poétique et d’une érotique du regard pour déjouer les ruses de nos pensées. Instants critiques souvent. Ou descriptions, tout simplement de choses vues donc, non, pas même vues jusqu’au bout, choses simplement entrevues, aperçues, qui venaient à point comme une halte dans la dérive pour éclairer les tenants et les aboutissants de mes tableaux, dont certains sont sans doute scandaleux, comme si un double ivre qui eut été réellement lui, avait pris possession de son cerveau et de ses mains, mais qui n’étaient que la mise en mots et en images de son expérience de l’autre et de sa perception du temps qui passe.

Editions Gutta & Astula

Informations complémentaires

Poids 0,50 kg
Dimensions 21 × 13 × 1,5 cm
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